Qu’est ce que c’est ? Pourquoi j’en ai un ? Comment ça évolue?

Le tendon Achilléen ou Calcanéen (car s’insère sur le calcanéus= os du talon) est le plus gros tendon du corps humain.

Sa rupture aigüe est le fruit d’une mise en tension brutale traumatique au niveau d’une zone rendue plus fragile par une mauvaise circulation sanguine (hypovascularisation).

La conjugaison de ce facteur métabolique au facteur mécanique aboutit à la rupture.

Cela survient dans ¾ des cas au cours d’une activité sportive à impulsion ou à pivot le plus souvent chez un homme jeune (6 hommes pour 1 femme).

Dans seulement 10% des cas le patient souffrait au préalable d’une tendinopathie ou d’autres causes médicamenteuses, métaboliques …

Le patient décrit généralement  « un coup de couteau » dans le mollet à l’impulsion ou à la réception d’un saut.

Dès lors, la marche est quasi impossible ce qui aboutit à la consultation médicale faisant aisément le diagnostic par la palpation de la rupture et 2 signes cliniques caractéristiques :

  • la perte de l’équin physiologique
  • l’absence de flexion plantaire à la pression du mollet

Pour autant dans près de 20% des cas le diagnostic n’est pas fait initialement.

Sans traitement, le tendon cicatrisera de façon complètement distendue occasionnant une difficulté à la marche et empêchant par exemple la marche sur la pointe des pieds.

Que faut-il faire ? Quand doit-on m’opérer ?

Aucune imagerie n’est généralement nécessaire en aigü. Dans certaines situations, notamment en cas de ruptures basses, des radiographies peuvent être réalisées pour s’assurer de l’absence d’arrachements osseux associés. Une échographie et plus rarement une IRM sont proposées en cas de doute diagnostic.

Le traitement consiste à remettre bout à bout les moignons de la rupture et cela peut se faire de plusieurs façons. Trois traitements peuvent être envisagés selon différents facteurs (l’âge, le tabagisme, le niveau d’activité et le niveau de la rupture):

  1)  le traitement orthopédique

Il consiste en une limitation de la mobilisation de l’articulation de la cheville dans une position spécifique (en équin, pied vers le bas) nécessaire à la cicatrisation tendineuse. Cette contention peut être assurée selon les cas par un système ouvert amovible (botte de marche + talonnettes) ou fermée (botte en résine). Une interdiction d’appui peut être associée. Cette solution s’envisage essentiellement lorsqu’ils existent des facteurs de risques de complications (tabac, problème circulatoire …) et que la demande fonctionnelle n’est pas très élevée (âge avancé, absence de pratiques sportives, travail sédentaire…). Le risque le plus important inhérent à cette technique est la récidive de la rupture tendineuse ( 15 %).

  2)  le traitement chirurgical

Il en existe 2 types :

  1. Classique à ciel ouvert :

Il s’agit du gold standard en matière de réparation du tendon calcanéen avec un taux de récidive avoisinant les 2%.

Il doit toujours être bien réfléchi car si les résultats sont bien supérieurs aux autres traitements le risque de mauvaise cicatrisation est omniprésent dans cette région particulièrement mal vascularisée.

  1. En mini- invasif  ou percutané :

Il s’agit d’une techniques intermédiaires tant dans l’abord cutané que les résultats et les inconvénients. Effectivement si l’incision cutanée est moins importante (qu’au cours de la chirurgie classique à ciel ouvert) occasionnant donc moins de risques de problèmes cicatriciels ; le risque de récidive de ruptures tendineuses est lui bien supérieur (8 à 10 %).

La chirurgie et sa méthode seront adaptées à chaque patient, chaque lésion (type, taille, localisation…) et selon les habitudes du chirurgien.

Si une intervention est choisie elle doit se dérouler en semi-urgence. Le risque après 10 jours d’évolution est la rétraction des moignons tendineux rendant plus difficile la réparation.

Comment préparer au mieux mon intervention ?

Comme pour toute chirurgie une consultation d’anesthésie préalable est nécessaire en complément une consultation de cardiologie est parfois demandée.

Il est impératif d’arrêter de fumer avant la chirurgie. Le tabagisme multiplie par 10 les risques de complication post-opératoire.

La veille de l’intervention 1 comprimé de vitamine C devra être pris. Il sera poursuivi pendant 1 mois pour diminuer au maximum les risques d’algodystrophie (syndrome douloureux régional complexe).

La majorité des interventions se déroule en hospitalisation ambulatoire (entrée le matin et sortie le soir) sauf impossibilité. Une douche est nécessaire la veille au soir et le matin même de l’intervention avant de vous présenter aux admissions.

Pour une gestion simple les ordonnances post-opératoires (antalgiques, botte de marche orthopédique, béquilles et talonnettes, soins infirmiers) vous seront remises dès la consultation préopératoire afin de pouvoir vous organiser au préalable.

Vous devrez donc le jour de l’intervention rapporter la botte de marche, les talonnettes  et les béquilles en cas de prescription par votre chirurgien pour pouvoir repartir avec.

 


punaiseCHAQUE PATIENT EST UN CAS PARTICULIER ET SEULES LES CONSIGNES DE VOTRE CHIRURGIEN SERONT A RESPECTER.