Comment se déroule la chirurgie ?

La chirurgie du conflit postérieur de cheville n’intervient qu’en cas de résistance à un traitement médical optimal bien conduit. Elle a pour but de rendre la cheville indolore.

La chirurgie du conflit postérieur de cheville est réalisée dans un bloc opératoire dédié et se déroule sous garrot en général en moins de 1 heure.

La patient est installé sur le ventre la cheville débordant de la table opératoire.

La chirurgie du conflit postérieur de cheville se déroule le plus souvent sous arthroscopie (caméra dans l’articulation). La chirurgie consiste à nettoyer la zone lésée des tissus inflammatoires qui s’incarcèrent et des structures osseuses et ligamentaires qui créés le conflit postérieur de cheville.

Et après la chirurgie ?

L’appui et la reprise de la marche sont autorisés le jour même sous couvert de la botte de marche qui a été prescrite en consultation. La marche étant parfois quelque peu difficile il peut être intéressant de venir avec 2 cannes béquilles pour soulager l’appui les premiers jours. Bien sur les déplacements doivent rester raisonnable les premiers temps suivant la chirurgie. Aucune thromboprophylaxie (médicament contre la phlébite) n’est recommandée dans ce type de chirurgie.

Un traitement par vitamine C, à débuter la veille de l’intervention et à poursuivre pendant 1 mois, vous a été prescrit pour diminuer le risque d’algodystrophie ou syndrome douloureux régional complexe.

Le pansement doit être refait tous les 2 jours jusqu’à cicatrisation complète. En cas de problème recontacter le secrétariat du chirurgien.

Tout doit être mis en œuvre pour éviter l’apparition de l’œdème au niveau du pied et de la cheville de la période post opératoire immédiate jusqu’à la disparition complète des symptômes pouvant prendre plusieurs mois. Pour cela il est conseillé initialement :

  • de glacer régulièrement la cheville
  • de surélever de quelques centimètres les pieds du lit pour la nuit
  • de limiter la position pied pendant trop longtemps (position assise)
  • de mobiliser les orteils et les chevilles régulièrement selon les douleurs
  • au bout de 1 mois des chaussettes de contention peuvent être mises en place en cas d’œdème.

Une auto rééducation est recommandée dès l’intervention pendant environ 2 à 3 mois. Elle est extrêmement importante et a pour but de retrouver toute l’amplitude articulaire de cheville.

De la kinésithérapie est parfois prescrite pour guider au mieux la récupération indolore des amplitudes articulaires, la reprise de la marche et secondairement du sport.

Certaines machines récentes de cryothérapie et pressothérapie simultanée (froid et compression) favorisent la résorption rapide de l’oedème.

La reprise du travail varie selon le geste chirurgical et le travail en lui même de 2 à 6 semaines en moyenne.

La conduite automobile est souvent difficile dans les suites immédiates par manque de flexion dorsale de la cheville liée à l’œdème. Elle est autorisée dès que les mobilités le permettent.

La reprise de la marche normale et des activités sportives diffèrent également beaucoup selon le geste chirurgical variant de 1 à 3 mois dans les reprises de sport.

Qu’est ce que je risque ? Quelles sont les complications ?

La liste ne peut être exhaustive et ne rapporte que les complications les plus fréquentes. Elles  varient aussi selon le terrain (augmentées chez les diabétiques, les fumeurs, les patients souffrant d’une mauvaise circulation veineuse et artérielle, l’âge …)

Le risque majeur est l’échec avec une persistance de la douleur.

 

punaiseFUMER MULTIPLIE PAR 10 LE RISQUE DE COMPLICATION. IL EST DONC FORTEMENT RECOMMANDE D’ARRETER DE FUMER 3 MOIS AVANT ET JUSQU’A 3 SEMAINES APRES LA CHIRURGIE.

 

Commune à toute chirurgie :

L’infection, son taux varie énormément selon la méthode chirurgicale classique à ciel ouvert ou arthroscopique (moins de 0,5%).

L’algoneurodystrophie ou Syndrome Douloureux Régional Complexe, il s’agit d’un mécanisme de défense de l’organisme lié au système nerveux autonome (non contrôlé). Sa fréquence est diminuée par la prise de Vitamine C (0,1%). Il se traduit par des douleurs et/ ou une raideur anormales eu égard à la chirurgie subie. En cas d’apparition vous serez orienté, si vous le souhaitez, vers le centre anti-douleur de l’établissement.

Au cours de l’intervention :

La complication principale est l’atteinte du pédicule vasculo-nerveux tibial postérieur (artère et nerf tibial postérieur).

Après l’intervention :

  • Au cours du premier mois

L’hématome, est favorisé par certains médicaments et des troubles de la coagulation sanguine. Il favorise d’autres complications comme les troubles cicatriciels, l’infection, la raideur et l’œdème. Il ne nécessite que rarement une reprise chirurgicale pour évacuation et cède aux glaçages répétés et à la surélévation.

  • Après le premier mois

L’œdème (le gonflement) et la raideur de l’articulation de la cheville sont des suites presque normales de ce type de chirurgie mais varient de façon très importante d’une personne à une autre. Plus la chirurgie est longue plus ces 2 complications augmentent. Pour diminuer au maximum leur apparition il faut respecter scrupuleusement les consignes fournies par votre chirurgien (cf. « éviter l’apparition de l’œdème » et « auto rééducation »). La disparition complète de ces symptômes peut parfois être longue (3 à 6 mois).

La persistance de douleur

Quels sont les résultats attendus ?

La chirurgie améliore la symptomatologie dans 85% des cas et 70% des patients peuvent reprendre le sport au même niveau après l’intervention.

Il n’existe aucun facteur prédictif de mauvais résultats dans la littérature.

Questions fréquentes

Quel type d’anesthésie vais-je avoir ?

Tout est envisageable, il n’y a, à ce jour, aucun consensus dans la prise en charge anesthésique pour ce type de chirurgie. Tous les types d’anesthésie sont possibles :

  • L’anesthésie générale
  • La rachianesthésie (seulement les jambes)
  • L’anesthésie locorégionale (seulement le pied)

L’anesthésie la plus adaptée à votre cas vous sera proposée par l’anesthésiste au cours de la consultation préopératoire.

Souvent, étant donné la position sur le ventre pouvant devenir avec le temps inconfortable, l’anesthésie générale est privillégiée.

Est-ce que ça fait mal ?

La douleur est une notion très subjective (propre à chacun) raison pour laquelle il est très difficile de répondre à cette question. Toute chirurgie est douloureuse mais il existe de nombreuses méthodes afin de prévenir cette douleur :

  • En péri opératoire des compléments d’analgésie peuvent être réalisés (infiltration d’anesthésiques locaux, blocs ou mise en place de cathéters …)
  • Prendre à titre systématique le traitement antalgique prescrit notamment les 5 premiers jours. Il ne faut pas attendre d’avoir mal car il est plus facile d’empêcher la douleur d’arriver que de la stopper une fois survenue.
  • Prendre le traitement anti-inflammatoire associé pendant les 5 premiers jours.
  • Respecter les consignes permettant d’éviter l’apparition de l’œdème (effort inadapté, position pied pendant, glaçage +++, surélévation systématique du pied …)

Est-ce que je dois envisager une convalescence ?

NON, l’appui et la reprise de la marche étant autorisés, un retour au domicile est toujours possible.