Qu’est-ce que c’est ? Pourquoi j’en ai une ? Comment ça évolue ?

Disparition du cartilage

Une articulation est constituée de 2 os glissant l’un sur l’autre par l’intermédiaire d’une couche mousse appelée cartilage. L’arthrose de cheville est la disparition du cartilage.

ARTHROSE DE CHEVILLE

ARTHROSE DE CHEVILLE

Elle se manifeste par des douleurs dites mécaniques c’est à dire augmentant avec l’activité.

Souvent un œdème ou des gonflements de l’articulation de la cheville s’associent à ces douleurs dans un premier temps. Une raideur s’installe secondairement avec le temps .

Si l’usure spontanée est la cause la plus fréquente de la destruction du cartilage, d’autres situations entraînent de l’arthrose et notamment certains traumatismes au cours desquels le cartilage peut être atteint directement ou parfois secondairement car les surfaces articulaires ne sont pas parfaitement réparées. Certaines maladies rhumatismales (polyarthrite rhumatoïde) aboutissent également, par d’autres mécanismes, à la destruction du cartilage.

Dans la majorité des cas, les patients concernés ont donc un âge avancé et vont avoir une boiterie rendant parfois nécessaire le port d’une canne béquille.

Les douleurs entraînent alors une diminution des activités et une impotence fonctionnelle.

Sans traitement l’arthrose de cheville évolue progressivement, généralement par poussées, jusqu’à la fusion quasi complète des 2 os et l’ankylose de l’articulation (raideur).

Que faut-il faire ? Quand doit-on m’opérer ?

Un bilan d’imagerie complet est nécessaire. Il doit permettre de confirmer l’arthrose et d’identifier son stade évolutif (dont dépendra le traitement) mais aussi et surtout de rechercher des causes et des facteurs péjoratifs de certains traitements.

Arthrose de cheville: IRM Dr PERRIER Cyril Dr LOPES Ronny Centre PCNA Pied et Cheville Nantes Atlantique

Arthrose de cheville: IRM

Les radiographies sont donc indispensables. L’arthroscanner permet souvent de préciser au mieux le stade évolutif des lésions. L’IRM quant à lui fait le bilan des lésions ligamentaires préalables nécessaires à la réalisation de certains traitements (prothèse totale de cheville).

En cas d’atteinte de nombreuses articulations la scintigraphie couplée au scanner permet d’affirmer la responsabilité de la cheville dans les phénomènes douloureux.

Un traitement médical premier doit toujours être entrepris mais celui-ci n’a pour but que de soulager les douleurs et n’agira en rien sur l’évolution de l’arthrose.

Un chaussage adapté, des anti-inflammatoires ou encore parfois des séances de kinésithérapie peuvent être efficace au début. Secondairement des infiltrations (injection dans l’articulation) de produits anti-inflammatoire ou des visco-supplémentations sont envisagées et réalisées par des rhumatologues ou des radiologues.

En cas de résistance à ces traitements médicaux une consultation spécialisée auprès d’un chirurgien s’impose.

Le traitement de l’arthrose de chevillea pour but de soulager les douleurs. Il existe différentes techniques chirurgicales selon le stade d’évolution arthrosique, le type d’arthrose et le patient (ses besoins fonctionnels et ses comorbidités).

1) Les solutions conservatrices

Le débridement arthroscopique

Débridement signifie nettoyage. L’arthroscopie est une façon peu invasive de s’introduire dans une articulation. A l’aide de plusieurs trous de 5 mm on introduit une caméra qui va permettre de voir l’ensemble de l’articulation de la cheville et de la nettoyer. Ce type d’intervention est particulièrement envisagée en cas d’arthrose débutante avec des corps étrangers libres dans l’articulation (morceaux d’os et/ou de cartilage), en cas de raideur occasionnée par les ostéophytes (formation osseuse spécifique de l’arthrose = « becs de perroquet ») ou encore en cas d’interposition de tissu fibreux.

L’ostéotomie tibiale et/ou calcanéenne

Ostéotomie signifie littéralement « couper un os ». Là aussi ce type d’intervention ne s’envisage qu’en cas d’arthrose débutante avec des défauts d’axes de la jambe par rapport au talon responsables de cette usure du cartilage.

2) Les solutions non conservatrices

Il en existe 2 types :

  • L’arthrodèse :

Il s’agit d’une technique chirurgicale ayant pour but de faire fusionner les os de la cheville. La marche est possible par compensation des articulations du pied.

Cette arthrodèse peut s’effectuer de façon classique à ciel ouvert ou sous arthroscopie (à l’aide d’une caméra)

  • La prothèse totale de cheville :

Le concept est de remplacer l’articulation de la cheville par des implants métalliques et en plastique qui vont permettre de conserver les mouvements de la cheville.

C’est une intervention peu fréquente (quelques milliers par an en France) et très exigeante techniquement. Cette solution ne s’envisage donc qu’en cas de besoins fonctionnels importants et dans certaines conditions anatomiques précises (pas d’atteinte ligamentaire, pas de déviations des axes osseux majeurs …). L’ostéonécrose du talus (destruction osseuse de l’astragale) contre indique la mise en place d’une prothèse totale de cheville.

La chirurgie et sa méthode seront adaptées à chaque patient, chaque lésion (type, taille, localisation…) et selon les habitudes du chirurgien.

Quelque soit l’intervention retenue la chirurgie ne doit jamais se faire dans l’urgence sans un bilan pré-opératoire précis.

Comment préparer au mieux mon intervention ?

Comme pour toute chirurgie une consultation d’anesthésie préalable est nécessaire en complément une consultation de cardiologie est parfois demandée.

Il est impératif d’arrêter de fumer 1 mois avant la chirurgie et jusque 3 semaines après l’intervention. Le tabagisme multiplie par 10 les risques de complication post-opératoire et notamment les risques d’infection, de troubles cicatriciels et surtout de pseudarthrodèse (absence de fusion des 2 os)

La veille de l’intervention 1 comprimé de vitamine C devra être pris. Il sera poursuivi pendant 1 mois pour diminuer au maximum les risques d’algodystrophie (syndrome douloureux régional complexe).

Selon les interventions se déroule en hospitalisation ambulatoire (entrée le matin et sortie le soir), une douche est alors nécessaire la veille au soir et le matin même de l’intervention avant de vous présenter aux admissions ou en en hospitalisation conventionnelle de plusieurs jours notamment en cas de chirurgie nécessitant la mise en place d’un drain.

Pour une gestion simple les ordonnances post-opératoires (antalgiques, botte de marche orthopédique, béquilles et talonnettes, soins infirmiers) vous seront remises dès la consultation préopératoire afin de pouvoir vous organiser au préalable.

Vous devrez donc le jour de l’intervention rapporter les béquilles (parfois la botte de marche) pour pouvoir repartir avec.

punaiseCHAQUE PATIENT EST UN CAS PARTICULIER ET SEULES LES CONSIGNES DE VOTRE CHIRURGIEN SERONT A RESPECTER.