Comment se déroule la chirurgie ?

La chirurgie de la maladie de Haglund n’intervient qu’en cas de résistance à un traitement médical optimal bien conduit. Elle a pour but de rendre l’arrière du pied indolore et éviter le frottement.

La chirurgie de la maladie de Haglund est réalisée dans un bloc opératoire dédié et se déroule sous garrot (pour éviter le saignement) en général en moins de 1 heure.

Le patient est installé sur le ventre, ou sur le côté, la cheville débordant de la table opératoire.

Il existe 2 solutions chirurgicales pour la maladie de Haglund :

  • La régularisation de la bosse calcanéenne (90% des cas). Elle se déroule avec une ouverture ou  sous arthroscopie (caméra dans l’articulation). La chirurgie consiste à retirer la zone osseuse à l’origine du conflit avec une fraise motorisée d’environ 4 à 5 mm de diamètre.
  • Une ostéotomie calcanéenne (ostéotomie : couper un os) qui peut se discuter dans des déformations sévères et tout particulièrement dans les pieds creux.

Et après la chirurgie ?

En cas de résection de la bosse calcanéenne :

L’appui et la reprise de la marche sont autorisés le jour même sous couvert de la botte de marche qui a été prescrite en consultation si l’intervention a eu lieu sous arthroscopie. La marche étant parfois quelque peu difficile il peut être intéressant de venir avec 2 cannes béquilles pour soulager l’appui les premiers jours. Bien sur les déplacements doivent rester raisonnable les premiers temps suivant la chirurgie. Aucune thromboprophylaxie (médicament contre la phlébite) n’est recommandée  en cas de chirurgie arthroscopique.

L’appui et la reprise de la marche sont interdits avec une botte en résine pour une durée de 3 à 6 semaines si l’intervention a eu lieu avec une ouverture de la peau ( dite à ciel ouvert).

En cas d’ostéotomie calcanéenne :

L’appui et la reprise de la marche sont interdits pendant 4 à 6 semaines. Il s’agit surtout d’une mesure de précaution à titre antalgique car les risques de déplacements secondaires et de pseudarthrose (absence de consolidation ou de fusion osseuse) sont extrêmement faibles.

La contention se fait à l’aide d’une botte en résine ou d’une botte de marche qui a été prescrite en consultation.

Dans le cas d’une botte de marche celle-ci est utilisée comme un plâtre, elle doit être conservée au maximum (jour et nuit) et permet le maintien du pied à 90° de flexion permettant une cicatrisation optimale de tissus. Elle peut être ôtée pour la toilette et les soins infirmiers.

L’appui étant impossible il faut venir avec 2 cannes béquilles. Bien sur les déplacements doivent rester raisonnable les premiers temps suivant la chirurgie. Une thromboprophylaxie (médicament contre la phlébite) est obligatoire pour ce type de chirurgie.

Dans tous les cas :

Un traitement par vitamine C, à débuter 15 jours avant l’intervention et à poursuivre pendant 1 mois, vous a été prescrit pour diminuer le risque d’algodystrophie ou syndrome douloureux régional complexe.

Le pansement doit être refait tous les 2 jours jusqu’à cicatrisation complète. En cas de problème recontacter le secrétariat du chirurgien.

Tout doit être mis en œuvre pour éviter l’apparition de l’œdème au niveau du pied et de la cheville de la période post opératoire immédiate jusqu’à la disparition complète des symptômes pouvant prendre plusieurs mois. Pour cela il est conseillé initialement :

  • de glacer régulièrement la cheville
  • de surélever de quelques centimètres les pieds du lit pour la nuit
  • de limiter la position pied pendant trop longtemps (position assise)
  • de mobiliser les orteils et les chevilles régulièrement selon les douleurs
  • au bout de 1 mois des chaussettes de contention peuvent être mises en place en cas d’œdème.

Une auto rééducation est recommandée dès l’intervention pendant environ 2 à 3 mois. Elle est extrêmement importante et a pour but de retrouver toute l’amplitude articulaire de cheville.

De la kinésithérapie est parfois prescrite pour guider au mieux la récupération indolore des amplitudes articulaires, la reprise de la marche et secondairement du sport.

Certaines machines récentes de cryothérapie et pressothérapie simultanée (froid et compression) favorisent la résorption rapide de l’oedème.

La reprise du travail varie selon le geste chirurgical et le travail en lui même de 2 à 8 semaines en moyenne.

La conduite automobile est souvent difficile dans les suites immédiates par manque de flexion dorsale de la cheville liée à l’œdème. Elle est autorisée dès que les mobilités le permettent.

La reprise de la marche normale et des activités sportives diffèrent également beaucoup selon le geste chirurgical variant de 1 à 3 mois dans les reprises de sport.

Qu’est ce que je risque ? Quelles sont les complications ?

La liste ne peut être exhaustive et ne rapporte que les complications les plus fréquentes. Elles  varient aussi selon le terrain (augmentées chez les diabétiques, les fumeurs, les patients souffrant d’une mauvaise circulation veineuse et artérielle, l’âge…)

Le risque majeur est l’échec avec une persistance de la douleur.

 

punaiseFUMER MULTIPLIE PAR 10 LE RISQUE DE COMPLICATION. IL EST DONC FORTEMENT RECOMMANDE D’ARRETER DE FUMER 3 MOIS AVANT ET JUSQU’A 3 SEMAINES APRES LA CHIRURGIE.

 

Commune à toute chirurgie :

L’infection, son taux varie énormément selon la méthode chirurgicale classique à ciel ouvert ou arthroscopique (moins de 0,5%).

L’algoneurodystrophie ou Syndrome Douloureux Régional Complexe, il s’agit d’un mécanisme de défense de l’organisme lié au système nerveux autonome (non contrôlé). Sa fréquence est diminuée par la prise de Vitamine C. Il se traduit par des douleurs et/ ou une raideur anormales eu égard à la chirurgie subie. En cas d’apparition vous porrez être orienté, si vous le souhaitez, vers le centre anti-douleur de l’établissement.

Au cours de l’intervention :

Des branches nerveuses sensitives sous cutanées peuvent être lésées (rameaux calcanéens médiaux et latéraux, nerf sural)

Après l’intervention :

  • Au cours du premier mois

L’hématome, est favorisé par certains médicaments et des troubles de la coagulation sanguine. Il favorise d’autres complications comme les troubles cicatriciels, l’infection, la raideur et l’œdème. Il ne nécessite que rarement une reprise chirurgicale pour évacuation et cède aux glaçages répétés et à la surélévation.

  • Après le premier mois

L’œdème (le gonflement) et la raideur de l’articulation de la cheville sont des suites presque normales de ce type de chirurgie mais varient de façon très importante d’une personne à une autre. Plus la chirurgie est longue plus ces 2 complications augmentent. Pour diminuer au maximum leur apparition il faut respecter scrupuleusement les consignes fournies par votre chirurgien (cf. « éviter l’apparition de l’œdème » et « auto rééducation »). La disparition complète de ces symptômes peut parfois être longue (3 à 6 mois).

La persistance de douleur

Quels sont les résultats attendus ?

 

Le résultat escompté est la récupération ad integrum avec à terme une reprise des activités antérieures. Dans les mains d’un chirurgien du pied et de la cheville spécialisé on peut espérer plus de 90 % de bons résultats; 

Questions fréquentes

Faut-il m’opérer ?

Cela dépend de différents facteurs :

  • L’âge
  • Les comorbidités associées : TABAC, DIABETE, mauvaise circulation …
  • Les objectifs fonctionnels et sportifs
  • Le travail

Tous ces critères vont permettre à votre chirurgien d’envisager la meilleure solution pour vous.

Quel type d’anesthésie vais-je avoir ?

Tout est envisageable, il n’y a, à ce jour, aucun consensus dans la prise en charge anesthésique pour ce type de chirurgie. Tous les types d’anesthésie sont possibles :

  • L’anesthésie générale
  • La rachianesthésie (seulement les jambes)
  • L’anesthésie locorégionale (seulement le pied et la cheville)

L’anesthésie la plus adaptée à votre cas vous sera proposée par l’anesthésiste au cours de la consultation préopératoire.

Est-ce que ça fait mal ?

La chirurgie des tendons n’est pas réputée pour être douloureuse mais la douleur est une notion très subjective (propre à chacun) raison pour laquelle il est très difficile de répondre à cette question. Toute chirurgie est douloureuse (il s’agit d’une agression pour l’organisme) mais il existe de nombreuses méthodes afin de prévenir cette douleur :

  • En péri opératoire des compléments d’analgésie peuvent être réalisés (infiltration d’anesthésiques locaux, blocs ou mise en place de cathéters …)
  • Prendre à titre systématique le traitement antalgique prescrit notamment les 5 premiers jours. Il ne faut pas attendre d’avoir mal car il est plus facile d’empêcher la douleur d’arriver que de la stopper une fois survenue.
  • Prendre le traitement anti-inflammatoire associé pendant les 5 premiers jours.
  • Respecter les consignes permettant d’éviter l’apparition de l’œdème (effort inadapté, position pied pendant, glaçage +++, surélévation systématique du pied …)

Est-ce que je dois envisager une convalescence ?

NON, que l’appui soit autorisé ou pas, le béquillage permet un retour au domicile généralement le jour même. Le premier mois des aides pour les déplacements habituels (courses et autres) sont à prévoir.