Comment se déroule la chirurgie ?

La chirurgie de la tendinopathie achilléenne n’est que le fruit d’une discussion avec le chirurgien sur les différentes techniques, leurs avantages et leurs inconvénients.

La chirurgie de la tendinopathie achilléenne est réalisée dans un bloc opératoire dédié à l’orthopédie et se déroule sous garrot pour éviter le saignement. Le patient est installé sur le ventre et le temps chirurgical est généralement inférieur à 1 heure.

Selon les desiderata du patient, ses comorbidités et les habitudes locales, différentes anesthésies sont envisageables (générale, rachianesthésie, bloc péri-nerveux associé …) pour la chirurgie de la tendinopathie achilléenne

Principes chirurgicaux selon le type de lésion :

Tendinopathies corporéales

La chirurgie consiste à exciser les lésions du tendon et du péritendon (nodule, inflammation …) et à réaliser un peignage. Ce sont des incisions à intervalles réguliers de quelques millimètres au bistouri dans le sens de la longueur pour ne pas le fragiliser.

L’objectif est de favoriser le saignement et donc la cicatrisation du tendon.

Dans certains cas très graves, un renfort par un tendon périphérique peut être proposé.

Tendinopathies d’insertion (entésopathies)

Il n’y a aucune autre solution que de retirer la zone tendineuse lésée. Pour cela il faut donc désinsérer le tendon par derrière, exciser les lésions et notamment les ossifications, ôter le conflit avec le calcanéus (si il y en a un) et finalement réinsérer le tendon.

 

Quand le tendon est trop fragilisé après l’excision des tissus lésés, il peut être renforcé par d’autres tendons.

Et après la chirurgie ?

 

Qu’est ce que je risque ? Quelles sont les complications ?

La liste ne peut être exhaustive et ne rapporte que les complications les plus fréquentes. Elles  varient aussi selon le terrain (augmentées chez les diabétiques, les fumeurs, les patients souffrant d’une mauvaise circulation veineuse et artérielle …)

En plus des complications inhérentes à toute chirurgie il existe des complications spécifiques à au traitement chirurgical des tendinopathies fibulaires.

Au cours de l’intervention :

Après l’intervention :

  • Au cours du premier mois

La désunion cicatricielle est la complication majeure de la chirurgie classique à ciel ouvert. En cas de survenue elle impose une réintervention avec des gestes plus ou moins compliqués de couverture cutanée qui ont surtout pour effet de péjorer le pronostic fonctionnel.

L’hématome, est favorisé par certains médicaments et des troubles de la coagulation sanguine. Il favorise d’autres complications comme les troubles cicatriciels, l’infection, la raideur et l’œdème. Il ne nécessite que rarement une reprise chirurgicale pour évacuation et cède aux glaçages répétés et à la surélévation.

  • Après le premier mois

L’œdème (le gonflement) est une suite « presque » normale de ce type de chirurgie mais varient de façon très importante d’une personne à une autre. Pour diminuer au maximum leur apparition il faut respecter scrupuleusement les consignes fournies par votre chirurgien (cf. « éviter l’apparition de l’œdème » et « auto rééducation »). La disparition complète de ces symptômes peut parfois être longue (3 à 6 mois). 

La persistance d’une douleur, elle peut être liée à beaucoup de phénomènes (infection, absence de cicatrisation tendineuse …)

Quels sont les résultats attendus ?

Le résultat escompté est la récupération ad integrum avec à terme une reprise des activités antérieures.

Dans les mains d’un chirurgien du pied spécialisé on peut atteindre plus de 90 % de bons résultats.

Nous savons que l’ancienneté de la pathologie peut nuire au résultat.

Il persiste généralement un aspect plus volumineux du tendon.

Questions fréquentes

Faut-il m’opérer ?

Cela dépend de différents facteurs :

  • L’âge
  • Les comorbidités associées : TABAC, DIABETE, mauvaise circulation …
  • Les objectifs fonctionnels et sportifs
  • Le travail

Tous ces critères vont permettre à votre chirurgien d’envisager la meilleure solution pour vous.

Quel type d’anesthésie vais-je avoir ?

Tout est envisageable, il n’y a, à ce jour, aucun consensus dans la prise en charge anesthésique pour ce type de chirurgie. Tous les types d’anesthésie sont possibles :

  • L’anesthésie générale
  • La rachianesthésie (seulement les jambes)
  • L’anesthésie locorégionale (seulement le pied et la cheville)

L’anesthésie la plus adaptée à votre cas vous sera proposée par l’anesthésiste au cours de la consultation préopératoire.

Est-ce que ça fait mal ?

La chirurgie des tendons n’est pas réputée pour être douloureuse mais la douleur est une notion très subjective (propre à chacun) raison pour laquelle il est très difficile de répondre à cette question. Toute chirurgie est douloureuse (il s’agit d’une agression pour l’organisme) mais il existe de nombreuses méthodes afin de prévenir cette douleur :

  • En péri opératoire des compléments d’analgésie peuvent être réalisés (infiltration d’anesthésiques locaux, blocs ou mise en place de cathéters …)
  • Prendre à titre systématique le traitement antalgique prescrit notamment les 5 premiers jours. Il ne faut pas attendre d’avoir mal car il est plus facile d’empêcher la douleur d’arriver que de la stopper une fois survenue.
  • Prendre le traitement anti-inflammatoire associé pendant les 5 premiers jours.
  • Respecter les consignes permettant d’éviter l’apparition de l’œdème (effort inadapté, position pied pendant, glaçage +++, surélévation systématique du pied …)

Est-ce que je dois envisager une convalescence ?

NON, que l’appui soit autorisé ou pas, le béquillage permet un retour au domicile généralement le jour même. Le premier mois des aides pour les déplacements habituels (courses et autres) sont à prévoir.