La chirurgie ?

Elle n’intervient qu’en cas de résistance à un traitement médical optimal bien conduit. Elle a pour but de stabiliser la cheville sans pour autant influencer les mobilités de celle-ci à terme.

Elle est réalisée dans un bloc opératoire dédié et se déroule sous garrot en général en moins de 1 heure.

Elle comporte plusieurs étapes avec à la fois des gestes sur les parties molles (tendons, ligaments, capsule articulaire …) et sur l’os. Les tunnels osseux permettent permettent la réinsertion ou le passage du ou des néo-ligaments.

D’autres gestes complémentaires peuvent être rendus nécessaires (notamment dans l’articulation de la cheville en elle même) en cas de douleurs associées, débridement arthroscopique, greffe ostéochondrale, perforation de lésion du dôme du talus…

Ils existent de nombreuses techniques chirurgicales (plus de 80 décrites).

Le type de ligamentoplastie (reconstruction ligamentaire) dépend de nombreux facteurs tels que :

  • l’âge
  • le type d’atteinte ligamentaire (constatations cliniques, radiologiques et per opératoires)
  • la durée d’évolution des symptômes
  • l’atteinte d’autres articulations (subtalaire) …

La chirurgie peut donc consister selon tout cela en une retente ligamentaire à ciel ouvert ou arthroscopique, une ligamentoplastie par une autogreffe tendineuse au peroneus brevis en percutané ou au gracilis en mini-invasif.

Voici en vidéo un technique chirurgicale arthrosocpique développée au sein du centre PCNA (prix de la vidéoflash au congrès notional d’arthrscopie en 2015)

Qu’est ce que je risque ? Quelles sont les complications ?

La liste ne peut être exhaustive et ne rapporte que les complications les plus fréquentes. Il est très difficile d’apporter un taux précis de complications tant chaque technique est spécifique  (augmentées chez les diabétiques, les fumeurs, les patients souffrant d’une mauvaise circulation veineuse et artérielle …)

 


punaiseFUMER MULTIPLIE PAR 10 LE RISQUE DE COMPLICATION. IL EST DONC FORTEMENT RECOMMANDE D’ARRETER DE FUMER 3 MOIS AVANT ET JUSQU’A 3 SEMAINES APRES LA CHIRURGIE.

 

Commune à toute chirurgie :

L’infection

L’algoneurodystrophie ou Syndrome Douloureux Régional Complexe, il s’agit d’un mécanisme de défense de l’organisme lié au système nerveux autonome (non contrôlé). Sa fréquence est diminuée par la prise de Vitamine C. Il se traduit par des douleurs et/ ou une raideur anormales eu égard à la chirurgie subie. En cas d’apparition vous serez orienté, si vous le souhaitez, vers le centre anti-douleur de l’établissement.

Au cours de l’intervention :

La médiocre qualité du transplant peut pousser le chirurgien à changer de stratégie durant l’intervention voire à prélever un autre transplant.

En cas de tunnel osseux dans la malléole latérale une fracture parcellaire de celle-ci peut survenir.

Après l’intervention :

  • Au cours du premier mois

L’hématome, est favorisé par certains médicaments et des troubles de la coagulation sanguine. Il favorise d’autres complications comme les troubles cicatriciels, l’infection, la raideur et l’œdème. Il ne nécessite que rarement une reprise chirurgicale pour évacuation et cède aux glaçages répétés et à la surélévation.

Les troubles de la cicatrisation. Ils peuvent nécessiter une reprise chirurgicale en cas de risque d’infection jugé trop important par votre chirurgien.

  • Après le premier mois

L’œdème (le gonflement) et la raideur de l’articulation de la cheville sont des suites presque normales de ce type de chirurgie mais varient de façon très importante d’une personne à une autre. Pour diminuer au maximum leur apparition il faut respecter scrupuleusement les consignes fournies par votre chirurgien (cf. « éviter l’apparition de l’œdème » et « auto rééducation »). La disparition complète de ces symptômes peut parfois être longue (6 à 12 mois).

La récidive. C’est le risque majeur de cette chirurgie. Il varie bien entendu selon les techniques mais oscillent entre 10 et 35 %.

  • Après la première année

L’arthrose de l’articulation tibio-talienne (de la cheville). C’est la dégradation cartilagineuse qui entraîne un frottement os contre os douloureux.

La récidive. Elle survient principalement à distance de l’intervention.

Et après, qu’est ce que je peux faire ? Qu’est ce que je dois faire ?

L’appui et la reprise de la marche sont autorisés le jour même sous couvert de la botte de marche orthopédique qui vous a été prescrite en consultation. La marche étant parfois quelque peu difficile il peut être intéressant de venir avec 2 cannes béquilles pour soulager l’appui les premiers jours. Bien sur les déplacements doivent rester raisonnable le premier mois suivant la chirurgie. Aucune thromboprophylaxie (médicament contre la phlébite) n’est recommandée dans ce type de chirurgie.

Un traitement par vitamine C, à débuter la veille de l’intervention et à poursuivre pendant 1 mois, vous a été prescrit pour diminuer le risque d’algodystrophie ou syndrome douloureux régional complexe.

Le pansement sera refait tous les 2 jours par une infirmière au domicile. Les fils (si il y en a) devront être ôtés 15 jours après l’intervention.

Tout doit être mise en œuvre pour éviter l’apparition de l’œdème au niveau du pied et de la cheville, de la période post opératoire immédiate jusqu’à la disparition complète des symptômes pouvant prendre plusieurs mois. Pour cela il est conseillé initialement :

  • de glacer régulièrement la cheville
  • de surélever de quelques centimètres les pieds du lit
  • de limiter la position pied pendant trop longtemps
  • de mobiliser les orteils et les chevilles régulièrement selon les douleurs
  • au bout de 1 mois des chaussettes de contention seront mises en place en cas d’œdème.

Une auto rééducation est recommandée dès la fin de la première consultation pendant environ 2 à 3 mois. Elle est extrêmement importante et a pour but de retrouver toute l’amplitude articulaire de l’articulation de la cheville.

 

Quelles suites puis-je espérer ?

La botte de marche orthopédique peut-être quittée dès la 6ème semaine mais est souvent conservée dans une recherche de confort et de protection jusqu’à la 8ème semaine.

La conduite automobile est autorisée dès que la botte de marche orthopédique est quittée.

L’arrêt de travail varie bien entendu selon le type d’activité professionnelle. Il est en moyenne de 2 mois. Il peut être plus court pour un travailleur sédentaire au domicile et plus long selon le type de chirurgie et les suites post opératoires.

L’obtention d’une marche et d’un chaussage complètement normal dépend de la disparition de l’œdème qui varie entre 2 et 4 mois selon les patients (notamment du fait de leur terrain vasculaire).

Les activités sportives sont reprises progressivement selon les douleurs. Bien entendu les sports de décharges (vélo, natation, rameur …) sont préconisés dans un premier temps avant d’envisager les autres activités nécessitant un appui important (course à pied, gymnastique…).

Le phénomène de cicatrisation ligamentaire et d’autonomisation des transplants peut prendre entre 2 et 8 mois.

Questions fréquentes

Quel type d’anesthésie vais-je avoir ?

Tout est envisageable, il n’y a, à ce jour, aucun consensus dans la prise en charge anesthésique pour ce type de chirurgie. Tous les types d’anesthésie sont possibles :

  • L’anesthésie locale associée à une neuroleptanalgésie profonde
  • L’anesthésie générale
  • La rachianesthésie (seulement les jambes)
  • L’anesthésie locorégionale (seulement la cheville et le pied)

L’anesthésie la plus adaptée à votre cas vous sera proposée par l’anesthésiste au cours de la consultation préopératoire.

Est-ce que ça fait mal ?

La douleur est une notion très subjective (propre à chacun) raison pour laquelle il est très difficile de répondre à cette question. Toute chirurgie est douloureuse mais il existe de nombreuses méthodes afin de prévenir cette douleur :

  • En péri opératoire des compléments d’analgésie peuvent être réalisés (infiltration d’anesthésiques locaux, blocs ou mise en place de cathéters …)
  • Prendre à titre systématique le traitement antalgique prescrit notamment les 5 premiers jours. Il ne faut pas attendre d’avoir mal car il est plus facile d’empêcher la douleur d’arriver que de la stopper une fois survenue.
  • Prendre le traitement anti-inflammatoire associé pendant les 5 premiers jours.
  • Respecter les consignes permettant d’éviter l’apparition de l’œdème (effort inadapté, position pied pendant, glaçage +++, surélévation systématique du pied …)

Est-ce que je dois envisager une convalescence ?

NON, l’appui et la reprise de la marche étant autorisée un retour au domicile est très souvent possible. Le premier mois des aides pour les déplacements habituels (courses et autres) sont à prévoir.

 


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