Qu’est ce que c’est ? Pourquoi j’en ai une ?

En situation normale, il existe une couche de cartilage entre les pièces osseuses d’une articulation. Cette couche de cartilage assure une mobilité sans douleur de l’articulation. L’arthrose talo-naviculaire est une destruction de ces surfaces cartilagineuse entre talus et os naviculaire (ou scaphoïde tarsien). 

Cette destruction articulaire peu avoir différentes origines :

  • post traumatique : fracture du talus ou de l’os naviculaire
  • dégénérative : souvent liée à un trouble architectural du pied (ex : pied plat)
  • inflammatoire : maladies rhumatismales
  • autres : infections, ostéochondrites etc…

Comment ça évolue?

Cette destruction cartilagineuse n’est pas brutale mais se développe sur plusieurs mois ou plusieurs années. Les signes cliniques apparaitront donc progressivement et l’intensité de la douleur sera croissante au fur et à mesure de l’évolution.

Néanmoins l’arthrose talo-naviculaire évolue par poussée avec alternance de phase douloureuse et de phase moins douloureuse.

 

Quels sont les symptômes ?

Les 2 principaux symptômes de l’arthrose talo-naviculaire sont la douleur et la boiterie.

La douleur et la boiterie se manifeste à la marche et leur intensité est liée à l’importance de la destruction articulaire. Il s’agit initialement d’une simple gêne puis progressivement s’installe une véritable douleur.  Dans les formes évoluées, l’appui au sol peut devenir difficile voir impossible rendant nécessaire l’utilisation de béquilles.

D’autres signes cliniques peuvent être retrouvés : gonflement du dos du pied, rougeur localisée, ulcération ou « cor » par conflits avec la chaussure. 

Un bilan d’imagerie avec radiographie et scanner sera nécessaire pour confirmer le diagnostic et évaluer le degré d’atteinte.

 

Que faut-il faire ? Quand doit-on m’opérer ?

A savoir : Le cartilage ne peux pas spontanément se régénérer et aucune technique fiable ne permet actuellement de faire « repousser » le cartilage sur l’articulation talo-naviculaire. Il s’agit donc d’un processus qui va s’aggraver irrémédiablement au cours du temps.

En cas d’arthrose talo-naviculaire minime et asymptomatique, aucun traitement spécifique ne doit être mis en place. Il pourra simplement être envisagé le port d’orthèses plantaires pour corriger un trouble architectural du pied favorisant la survenue de l’arthrose talo-naviculaire.

En cas de douleur et/ou d’arthrose talo-naviculaire modérée, le traitement médical doit TOUJOURS être proposé en première intention. Il comprend plusieurs niveaux :

  • Une antalgie par antalgiques de palier I ou II associée à des anti-inflammatoires (en l’absence de contre indications)
  • La kinésithérapie:  Maintien des amplitudes articulaires et de la souplesse de l’avant pied. Prise en charge d’une éventuelle tendinopathie associée : physiothérapie par ondes de chocs, etc.
  • Le port d’orthèses plantaires

Lorsque les douleurs persistent malgré un traitement médical bien conduit pendant plusieurs mois ou en cas d’arthrose très sévère, il peut être envisagé une prise en charge chirurgicale.

La chirurgie consistera en une arthrodèse talo-naviculaire. Le but est de faire fusionner l’articulation entre le talus et l’os naviculaire afin de bloquer définitivement les mouvements entre ces 2 os. Cette fusion se fera à l’aide de vis et/ou de plaques. Une greffe osseuse sera le plus souvent effectuée afin d’optimiser la fusion osseuse. Cette greffe sera prélevée soit sur votre talon soit sur votre crête iliaque (bassin) en fonction de la quantité de greffe nécessaire et des habitudes de votre chirurgien. L’objectif est ainsi de faire disparaître les douleurs.

Ce type d’intervention, bien qu’elle bloque une articulation, n’empêche pas une reprise de la marche quasiment normale. L’objectif est au contraire de reprendre la marche sans douleur. En effet les articulations de voisinage vont « compenser » la perte de mobilité secondaire à l’arthrodèse et permettre un déroulé du pas satisfaisant.

 

Comment préparer au mieux mon intervention ?

Comme pour toute chirurgie une consultation d’anesthésie préalable est nécessaire en complément une consultation de cardiologie est parfois demandée.

Il est recommandé d’arrêter de fumer 6 semaines avant et 6 semaines après la chirurgie. Le tabagisme multiplie par 10 les risques de complications post-opératoires et notamment les risques de troubles de la cicatrisation, les risques de nécroses cutanées et les risques de mauvaise fusion de l’arthrodèse.

Selon le type d’intervention choisi par votre chirurgien,  l’intervention se déroulera soit  en hospitalisation ambulatoire (entrée le matin et sortie le soir) soit en hospitalisation conventionnelle sur quelques jours.

Une douche est nécessaire la veille au soir et le matin même de l’intervention avant de vous présenter aux admissions.

Pour une gestion simple les ordonnances post-opératoires (antalgiques, anticoagulants, soins infirmiers, béquilles, etc…) vous seront remises dès la consultation préopératoire afin de pouvoir vous organiser au préalable.

L’appui sera interdit sur le membre opéré au minimum 6 semaines, il vous sera donc prescrit un traitement anticoagulant afin d’éviter la survenue d’une phlébite. Vous devrez par ailleurs le jour de l’intervention rapporter les béquilles pour pouvoir repartir avec et marcher sans appui.

 

punaiseCHAQUE PATIENT EST UN CAS PARTICULIER ET SEULES LES CONSIGNES DE VOTRE CHIRURGIEN SERONT A RESPECTER.

 

 


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